(Allocution prononcée par M. Alfred GOUBA, Secrétaire d'Etat chargé de la décentralisation, représentant le Gouvernement)

 

- Excellence Monsieur l’Ambassadeur du Burkina Faso près le Saint-Siège
- Excellence Madame l’Ambassadeur du Burkina Faso auprès d’Italie,
- Excellence Monseigneur Paul Ouédraogo, Président de la Conférence épiscopale Burkina-Niger

- Éminence Cardinal Philippe Ouédraogo, Archevêque métropolitain de Ouagadougou
- Excellences messeigneurs les Évêques de la Conférence épiscopale Burkina-Niger
- Chers Religieux
- Mesdames et messieurs
                                       


C’est avec la voix étreinte d’émotion que je prends la parole pour saluer cette initiative des évêques de la Conférence épiscopale Burkina Niger qui, en marge de leur visite ad limina apostolorum à Rome, ont tenu à effectuer ce pèlerinage sur cette île de Lampedusa dont la renommée se conjugue quotidiennement avec les tragiques épisodes de milliers de migrants, principalement africains, dont le rêve européen s’éteint souvent malheureusement aux larges de cette île.
Le choix porté sur ce site pour la prière et le recueillement est, au-delà de toute symbolique, un acte de grande piété, un acte de charité, mais aussi et surtout une interpellation de la conscience collective sur le sort des migrants en quête d’une vie meilleure.

- Excellences Madame et Monsieur les Ambassadeurs
-Très chers évêques
- Mesdames et messieurs

L’on se souviendra qu’à ce même endroit, Sa Sainteté le Pape François avait effectué le tout premier déplacement hors de Rome de son pontificat, où il avait fustigé l’indifférence face au drame des migrants et appelé à plus de solidarité à l’endroit de ceux-ci. Cinq ans après ce déplacement historique et cet appel solennel du Souverain Pontife, cette tragédie migratoire demeure d’actualité. Mais d’autre part, il est un fait que cet appel n’est pas resté lettre morte et votre présence, que dis-je notre présence en ces lieux aujourd’hui, est un écho retentissant à travers lequel s’expriment toute la solidarité et l’humanité de l’Église-famille du Burkina-Niger et, par-delà, celles du gouvernement et du peuple burkinabè dans toutes ses composantes avec l’assurance de la proximité de Son Excellence Monsieur Roch Marc Christian KABORÉ, Président du Faso, qui nous a dépêché ici en cette circonstance.
Je tiens donc à rendre hommage à vous, vénérables évêques, pour votre démarche de foi et de charité qui offre par ailleurs cette belle opportunité aux autorités politiques du Burkina Faso, de réaffirmer leur parfaite convergence avec la vision du Saint-Père sur les problématiques et les enjeux de notre humanité. 
Vibrant de toute l’émotion qui m’étreint le cœur face au drame des migrants, je voudrais humblement me faire l’interprète de ces âmes endolories par ce scénario quotidiennement tragique dans cette région de la méditerranée. 
Selon les statistiques de l’Organisation Internationale des Migrations (OIM), 166 000 migrants ont traversé la méditerranée en 2017. Parmi eux, la plupart sont arrivés par l’Italie via Lampedusa. Mais le plus dramatique reste le sort des milliers de personnes qui perdent la vie durant la traversée. Ainsi, au cours de ladite année, l’OIM a recensé 3091 morts ou disparus en Méditerranée, le plus souvent par noyade ou asphyxie.  
Pour ce premier trimestre de l’année 2018, les données de l’OIM indiquent un total de 18 575 migrants et réfugiés arrivés en Europe par la mer et 559 personnes qui ont péri dans cette aventure.
Ces chiffres très alarmants sont même probablement sous-estimés dans la mesure où ils ne prennent pas en compte les victimes des naufrages sans témoins qui perdent la vie sur des canots de fortune et pour lesquels le chemin de l’espérance s’est révélé plutôt être une route vers la mort.

- Excellences Madame et Monsieur les Ambassadeurs 
- Excellence Monseigneur Paul Ouédraogo,

- Éminence Cardinal Philippe Ouédraogo, 
 
- Vénérables évêques
- Mesdames et messieurs

L’ampleur de cette catastrophe humanitaire interpelle la conscience mondiale. 
Et en effectuant la présente visite officielle africaine sur cette ile, nous entendons unir les voix de l’ensemble du peuple burkinabè aux vôtres, honorables évêques du Burkina et du Niger, dans un esprit de prière et de recueillement, mais aussi plaider auprès des pays d’accueil pour plus de protection et des conditions plus dignes pour les migrants. En même temps nous sommes conscients de notre responsabilité d’Africains envers tous ceux qui partent, convaincus que leur avenir doit être ailleurs. Une nouvelle forme de partenariat doit être crée entre nos deux continents pour que ces drames cessent. 
Au nom du Gouvernement du Burkina Faso je remercie les sauveteurs de toute nationalité, les autorités italiennes et l’Italie pour tout ce qu’elle a fait pour accueillir, la communauté de Sant‘Egidio (qui nous accompagne ici) et les Eglises italiennes pour la création des couloirs humanitaires, et tout le peuple italien pour son engagement dévoué au salut des migrants. 
Vivement que l’acte symbolique posé ici en cette journée entretienne l’espoir d’une fraternité et d’une générosité plus agissante à l’égard de nos frères migrants. Puisse Dieu donc inspirer ces sentiments d’humanisme à tous et continuer de bénir la Conférence Épiscopale Burkina-Niger ainsi que nos chers pays le Burkina Faso, le Niger et l’Italie.

Je vous remercie.

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