Homélie du dimanche 25 novembre 2007
– Christ-Roi de l’univers –
 
 
 2S5, 1-3 ; Ps121 ; Col1, 12-20 ; Lc23, 35-43
 
Chers amis de Dieu, bonjour et bon dimanche !
Béni soit Dieu qui, dans son amour de bon Père, nous a donné comme Roi et Sauveur, son Fils Jésus Christ ! L’univers entier se réjouit en ce jour car nous fêtons son Roi, le Christ.
Le monde a, en effet, son cycle d’année ordinaire qui commence en Janvier et finit en Décembre. Les écoliers ont leur année scolaire qui commence en Septembre et finit en Mai. Les étudiants ont leur année académique et le gouvernement a son année administrative. L’Eglise n’est pas en reste. Elle a aussi son année dite liturgique qui commence le premier dimanche de l’Avent et finit avec la dernière semaine du temps ordinaire. Aujourd’hui, nous sommes le 34° dimanche du temps ordinaire et dernier dimanche de l’année liturgique C. Il me semble que l’Eglise, très intelligente, a bien fait de fixer la fête du Christ Roi de l’univers en ce dernier dimanche de l’année liturgique pour tout récapituler superbement en la personne du Christ. Tout l’univers tient par la force du Christ. Autant Dieu fait tomber la pluie sur les bons et sur les méchants, autant le Christ règne sur tout ce qui existe. Il règne sur les hommes qui le connaissent et sur ceux qui ne le connaissent pas ou qui ne veulent pas le connaître. Il règne sur tous les animaux, toutes les plantes et sur toute la matière inerte de sorte que rien n’échappe à son pouvoir. Et d’ailleurs, rien ne peut échapper à son pouvoir puisque c’est par lui que tout a été crée. Bref,
De nous tous ici présents, qui ne veut pas être grand ? Qui ne veut pas toujours réussir ? Qui est prêt pour la honte ? Personne il me semble ; même pas moi ! C’est seulement une question de degré qui se pose ! Mes cousins les Mossi disent : « kûum sâô yânde », ce qui veut dire : « mieux vaut mourir plutôt que de subir la honte ! ». Quel chef traditionnel acceptera qu’on lui mette la honte au visage ? Aucun ! Je crois que personne, absolument personne n’aime la honte ; encore moins les chefs, les directeurs, les ministres, les présidents.
Vous avez bien écouté l’Evangile. Vous avez bien vu comment Jésus s’est laissé faire : il laisse les hommes le crucifier et certains mêmes se permettent de se moquer éperdument de lui en disant : « Si tu peux sauver d’autres, sauve-toi toi-même » ! Moi je trouve que Jésus est bizarre ! Lui, Dieu, Roi des rois accepte de mourir sur une croix. Quelle honte ! Un vrai roi ? Mourir comme un bandit ? Non ! Si c’était ailleurs, (mais) le sang allait couler à gogo puisqu’il allait faire sortir ses militaires pour se défendre. Mais il n’en est pas question pour Jésus. Bien qu’il soit Dieu, Il a accepté de descendre dans notre humanité. Quel abaissement ! Et mieux encore, il va jusqu’à la mort la plus vilaine.
 
Aucun chef de chez nous n’accepterait se laisser traiter ainsi. Mais au fait, quel roi vaut Dieu ? Aucun ! Qu’il soit puissant ‘‘comment comment’’, grand ‘‘comment comment’’, riche ‘‘comment comment’’, aucun chef de cette terre ne vaut Dieu. Mais Dieu accepte de mourir et il meurt même de la façon la plus honteuse : sur une croix !
Hé ben oui ! C’est là le renversement de toute l’histoire. Pour sauver l’homme, Dieu meurt affreusement ! Et c’est paradoxalement le signe manifeste de sa Royauté. Les grands de ce monde siègent sur des grands trônes dorés et dans des palais luxueux avec des gardes de corps armés jusqu’aux dents. Jésus, lui, règne sur la Croix, nu ! Quel exemple pour nous ! Oh quel exemple !
Autant il est vrai que toute autorité (qu’elle soit parentale, civile, coutumière ou religieuse) gouverne au nom du Christ, autant nous devons un respect à nos autorités mais à une seule condition : dans la mesure où toute autorité se sacrifie non pas pour elle-même mais pour ceux dont elle a la charge ; dans la mesure où chaque chef souffre et meurt pour ses sujets. Ce serait là, la manifestation, aussi pâle soit-elle, de la royauté du Christ en ce monde.
David, avant d’être élu roi d’Israël savait que sans Dieu, il ne pouvait rien faire. C’est parce qu’il avait confiance en Dieu qu’il a vaincu plusieurs peuples à la guerre. Et parce qu’il s’abandonne à Dieu, combattant au péril de sa vie pour le peuple, que toutes les tribus d’Israël l’ont élu roi. C’est ce que nous rapporte le prophète Samuel dans la première lecture. Dès lors, David et Jérusalem deviennent des références, des exemples pour les autres peuples : et le psaume 121 peut commencer ainsi : « quelle joie quand on m’a dit : ‘‘nous irons à la maison du Seigneur’’ ! » Oui ! Cette maison du Seigneur, c’est la maison de l’unité et de la paix. Le visage de David préfigurait le Christ lui-même.
Né avant toute chose, nous dit saint Paul dans la seconde lecture, le Christ en qui tout a un sens, a réconcilié le monde avec Dieu son Père. En versant son sang sur la Croix, le Christ apporte une paix véritable aux hommes. Voilà le signe de toute sa Royauté. Il donne le meilleur de lui-même : sa VIE ; et de ce don merveilleux jaillit une paix incommensurable. Et c’est cette paix sans limite qui permet au bon Larron à côté de Lui sur la Croix de bénéficier du salut.
Et nous, allons-nous impunément nous moquer de Jésus comme ces juifs impies devant la Croix ? Je crois que non ! Comme le bon Larron, au contraire, nous devons nous tourner vers Jésus pour le supplier : « Seigneur, souviens-toi de moi quand tu viendras inaugurer ton règne !». Ainsi, pourrons-nous, nous aussi, non seulement profiter de la paix du Christ mais parvenir auprès de Lui dans le paradis quand l’heure viendra.
Chaque fois que le prêtre offre le saint Sacrifice de l’autel, c’est le Christ qui meurt sur la Croix. Tout à l’heure dans l’Eucharistie, nous allons revivre donc avec Jésus son sacrifice sanglant de la Croix. Que le partage de son Corps livré nous permette de nous retourner tous les jours vers Lui, pour l’implorer, Lui qui est notre Roi, qui nous apporte la paix et nous ouvre le Ciel.
Le Seigneur soit avec vous !
Abbé Augustin BASSOLE, Diacre
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