L'Epiphanie du Seigneur – 05/01/08 – Is 60,1-6 - Ps 71 - Ep 3,2...6 - Mt 2,1-12
 
Le prophète Michée avait prédit, en Mi5, 1, que de Bethléem, le tout petit clan de Juda, naîtra Celui qui doit Régner sur Israël. Ce roi dont a parlé Miché, beaucoup en Israël, pour le reconnaître, portaient leur attention sur le Messie descendant de David. Le livre des Nombres l'avait déjà désigné par le terme « 'étoile de Jacob » Nb24, 17. Cette étoile proclamée par le prophète Balaam contre le roi Balaq restera le symbole du Messie. Mais si le Messie vient avant tout pour le peuple d'Israël d'abord, sa grande sagesse lumineuse déborde les frontières d'Israël pour éclairer bien plus loin et attirer de ce fait les peuples lointains qui vivaient dans les ténèbres. Isaïe l'avait si bien exprimé: « Il arrivera dans la suite des temps que la montagne de la maison de Yahvé sera établie en tête des montagnes et s'élèvera au-dessus des collines. Alors toutes les nations afflueront vers elle; alors viendront des peuples nombreux ». Et avec Israël, ensemble, ils marcheront dans la lumière de Yahvé.
Il est donc évident pour nous aujourd'hui de voir dans la figure de l'enfant de Noël, ce roi dont Michée a prédit la naissance et précisé les origines ; car tous les signes se rapportent merveilleusement à lui. C'est également lui, l'étoile de Jacob proclamée par Balaam. Et c'est encore lui, la lumière décrite par Isaïe qui attire tous les peuples à elle. Oui, Jésus Emmanuel est bel et bien ce Messie qui vient pour « éclairer les nations » comme le vieux Siméon et Zacharie le père du baptiste l'ont si bien dit. Et c'est à juste titre que St Paul, l'apôtre des païens témoigne que le mystère de la révélation dont il est le messager déborde Israël. Oui, « ce mystère, c'est que les païens sont associés au même héritage, au même corps, au partage de la même promesse, dans le Christ ». Et c'est là tout le message de l'Epiphanie. Les mages représentent l'ensemble de ces peuples qui, vivant autrefois hors d'Israël et dans les ténèbres, ont vu la lumière du Messie, sont attirés et accourent à sa rencontre. A cette compréhension nous pouvons également ajouter cette autre: par la démarche des mages, une grande théologie trouve sa justification: l'étoile qui les a guidés peut être identifiée à la raison et à la conscience droite de l'homme. Par celles-ci (la raison et la conscience droite), est donnée à l'homme la faculté de reconnaître Dieu et d'accueillir Jésus comme son envoyé, comme la Lumière du Père.
Les mages, il me semble, ont été par ailleurs les premiers à offrir des présents d’une si grande importance à l'Enfant Jésus, alors que Jésus naît parmi les juifs. Le Christ lui-même dira plus tard: « beaucoup viendront de l'Orient et de l'Occident et prendront part avec Abraham au banquet éternel ». Nous aussi, bien que baptisés, ne laissons-nous pas le soin aux autres qui viennent de loin nous devancer dans l'effectivité de la rencontre avec Dieu?
A chacun, il revient de prendre la décision de la façon dont il veut rencontrer le Messie. Pour ma part, je crois fermement que l’une des meilleures rencontres serait dans la façon dont chacun recherche le bien de tous par ses actions et ses réactions et non dans la façon de rechercher son bien propre dans les actions et les réactions des autres. Peut-être que c'est ainsi que résonne Epiphanie: rencontrer Dieu oui, mais à travers le frère tel qu'il est et tel qu'il semble se présenter.
Ce n'est cependant pas la seule façon de vivre l'Epiphanie. Tout ce que nous pensons de positif dans nos esprits est également une des meilleures façons de vivre l'Epiphanie. Comme les mages donc, apportons chacun son présent, un présent qui plaise à l'Emmanuel. Amen.
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