Si dans la pensée philosophique la vérité est une qualité de l’intelligence, dans la pensée biblique, elle est le réel lui-même[1]. La première réalité étant Dieu lui-même « Je suis » (Ex 3, 14) et la deuxième réalité étant la créature telle que Dieu l’a faite, la connaît et la veut « il a tout créé pour l’être » (Sg 1, 14)[2]. Ces deux aspects (Dieu et sa créature) se rejoignent dans le primat du réel qu’on n’invente pas, que l’on cherche à connaître, que l’on respecte, auquel l’on se soumet, dans lequel l’homme entre sans jamais l’embrasser, le posséder. La solidité du réel et la fidélité à ce réel fondent la vérité biblique. Jésus Christ est donc la Vérité-même parce qu’il est la réalité-même de Dieu et il est aussi pleinement la réalité-même de l’homme créé par Dieu. Finalement, celui qui recherche la vérité c’est celui qui se conforme à l’image de Dieu en lui et vit non pas en inventant son monde mais en s’accordant au réel tel qu’il est, c’est-à-dire dynamique, solide et inchangeable.


[1] Dictionnaire Encyclopédique de la Bible, BREPOLS, Paris 1960, article : ‘Vérité’, p. 1900 : la notion biblique de la vérité, de son origine hébraïque ‘emet signifierait la solidité, la constance, la réalité sûre.
[2] La note ‘‘b’’ de ce verset dans la Bible de Jérusalem, précise : « Dieu, « Celui qui est », Ex 3, 14+, a créé toutes choses pour qu’elles « soient », pour qu’elles aient une vie réelle, solide, durable».
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