Ma plus belle invention, c’est ma Mère

 

 Ma plus belle invention, c’est ma mère, dit Dieu.

Il me manquait une Maman, et je l’ai faite.

J’ai fait ma mère avant qu’elle ne me fasse. C’est plus sûr.

Maintenant, je suis vraiment un Homme comme tous les hommes.

Je n’ai plus rien à leur envier, car j’ai une maman. Une vraie.

Ça me manquait

 

Ma Mère, elle s’appelle Marie, dit Dieu.

Elle est belle, ma Mère, tellement que, laissant les splendeurs du Ciel, je ne me suis pas trouvé dépaysé près d’elle.

Pourtant je sais ce que c’est, dit Dieu, que d’être porté par les anges ;

Ça ne vaut pas les bras d’une Maman, croyez-moi !

 

Ma Mère, Marie est morte, dit Dieu.

Depuis que j’étais remonté vers le Ciel, elle me manquait.

Je lui manquais.

Elle m’a rejoint, avec son âme, avec son corps, directement.

Je ne pouvais pas faire autrement. Ça se devait. C’était plus convenable.

 

Et puis, dit Dieu, c’est encore pour mes frères les hommes que j’ai fait cela.

Pour qu’ils aient une Maman au Ciel. Une vraie, une de chez eux, corps et âme. la Mienne.

 

Maintenant qu’ils l’utilisent davantage ! dit Dieu.

Au ciel, ils ont une Maman qui les suit des yeux, avec ses yeux de chair.

Au ciel, ils ont une Maman qui les aime à plein cœur, avec son cœur de chair.

 

Et cette Maman, c’est la Mienne, qui me regarde avec les mêmes yeux,

Qui m’aime avec le même cœur.

Si les hommes étaient malins, ils en profiteraient, ils devraient bien se douter que je ne peux rien lui refuser…

Que voulez-vous, c’est ma Maman. Je l’ai voulue. Je ne m’en plains pas.

                                                                                                                     Michel QUOIST

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