2EME PARTIE : STRUCTURE ET ANALYSE

GLOBALE DE CHAQUE ECRIT

 

Préliminaire 

Rappelons-nous que nous avons opté pour une lecture « synchronique »[1] des textes. Avant d’entrer dans les textes cependant, il est bon de commencer par une théorie de la structure littéraire. D’ordinaire, un auteur produit une œuvre littéraire en lui donnant une structure déterminée, surtout si cette œuvre a une certaine ampleur. C’est pourquoi il faut supposer, jusqu’à preuve du contraire, que les ouvrages les plus élaborés du NT (les évangiles, les Actes, les grandes lettres pauliniennes, l’épître aux Hébreux et l’Apocalypse) possèdent une structure propre, une architecture déterminée que le lecteur doit s’efforcer de découvrir pour une bonne intelligence des textes. La structure n’est donc pas à inventer au sens où on donnerait au texte un schéma ou une grille de lecture extrinsèque ; elle est plutôt à retrouver dans le texte lui-même, à dégager de celui-ci par un travail d’analyse des procédés de composition mis en œuvre par l’auteur.

Les procédés de composition peuvent être repérés et classés selon un double critère : critère de fond et critère de forme, d’où deux grands types  de plan :

1) Ceux qui mettent l’accent plutôt sur le fond (critères de contenu) : Un auteur décide d’organiser son œuvre autour d’un certain nombre de personnages emblématiques (figures de proue) ou de motifs anthropologiques/théologiques dont la séquence ou l’interaction rend compte de son objectif ; un autre bâtit l’intrigue sur la géographie et lie la progression de la trame surtout à la gestion de l’espace…On a ainsi des plans dits « thématiques »

2) Ceux qui mettent l’accent plutôt sur la forme (critères littéraires). Il y a des auteurs qui exploitent les ressources proprement littéraires de la composition, mettant à contribution les techniques d’expression de la continuité (transitions) ou de la discontinuité (césures) ou du parallélisme (chiasme et autres constructions concentriques). Il existe ainsi des  plans « littéraires ».

N’oublions pas aussi que la question de la structure d’une œuvre est étroitement liée à celle de son unité de composition.  D’un ouvrage dont on ne doute pas de l’unité, on peut espérer découvrir le plan d’ensemble, le fil conducteur, le principe directeur ; au contraire, une œuvre trop composite se réduisant à une simple compilation de sources disparates ne peut présenter aucune structure rigoureuse.

En définitive, le plan le plus probable est celui qui rassemble le maximum d’appuis textuels évidents et qui permet au texte de déployer ses significations. C’est pourquoi, bien des fois, la méthode la moins artificielle est de suivre simplement l’ordre du texte en examen, en considérant les groupements qu’on y distingue comme une vue d’ensemble, un cadre, une grille de lecture sans aucun « fixisme »…

 



[1] La synchronie a pour pendant la diachronie qui a elle-même deux aspects : génétique et comparatiste

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