Exhortation  vêpres solennelles veille au soir du 4ème Dim de carême A

Eph 5,8-14

 

Frères bien aimés ! Après le thème de l’eau méditée le dimanche passé, l’Eglise nous nous propose aujourd’hui le thème de la lumière. Autant que l’eau, la lumière est quelque chose dont tout être vivant ne peut se passer, ici bas sur la terre jusqu’au profondeur des abîmes. Imaginez un peu le monde sans lumière. Tout est couvert de l’enveloppe épaisse des ténèbres. Impossible d’admirer les beautés. Impossible de reconnaître les choses et les êtres. Impossible de se déplacer sans trébucher.  Pas d’activités possibles. Impossible de se défendre contre de quelconques attaques. Sans la lumière c’est l’enfer pour l’homme.

Avec la lumière, tout reprend vie. Avec elle, descendent sur le monde et ses habitants la joie, la clarté. La lumière guide. Elle ambiance. Elle rassure. Elle épanouit. C’est pourquoi elle a une grande place dans le message biblique. Elle est considérée comme le rayonnement de Dieu. Dieu lui-même est la lumière en sa source. Le livre de la genèse nous dit que la lumière est la première chose que Dieu a créée, bien sur après le ciel et la terre. Et cette lumière sera le cadre et le rythme dans lequel tout autre chose sera créée. Nous sommes donc en tant que fils de Dieu, fils de la lumière et faits pour vivre dans la lumière et de la Lumière. Le péché qui est un rejet de Dieu source de la lumière a plongé le monde dans les ténèbres. Mais le Christ, « Lumière née de la Lumière » comme nous le confessons dans le credo, est venu délivré l’homme à jamais de ces ténèbres du péché pour le faire vivre dans la lumière comme il convient à des enfants de Dieu. C’est pourquoi saint Paul dit aux chrétiens d’Ephèse : «Autrefois vous n’étiez que ténèbres, maintenant dans le Seigneur, vous êtes devenus lumière, vivez comme des fils de la lumière ». En effet, cela est une incongruité terrible que de recevoir le baptême qui inclut l’illumination et continuer  à vivre comme dans les ténèbres. Malheureusement, il y’a beaucoup de fils de lumière qui vivent dans les ténèbres et qui s’y plaisent.

Si vous sortez ce samedi soir, et vous rendez dans certains coins de cette ville vous comprendrez ce que je vous dis là. Ces coins, bien que mal famés ne désemplissent pas. Là-bas, on ne sait pas qui est qui. Il n’y assez de lumière que juste pour voir la cible du péché. ‘’Et ce que ces gens-là font dans les ténèbres, comme le dit l’apôtre, on a honte d’en parler’’.

 Si vous aviez l’occasion de vivre quelques jours dans certains services privés ou publics de ce pays, vous comprendrez également ce que je vous dis là. Là non plus il n’y a d’apparence de lumière que pour tromper l’oeil du contrôleur. Et ce que ces gens-là font dans les ténèbres ont a honte d’en parler.

Des ténèbres couvrent la scène politique, il n’y a de s’emblant de lumière que pour faire croire que l’ont veut le bien de la nation entière mais ce que ces gens-là font dans les ténèbres ont a honte d’en parler.

Dans les organismes internationaux et humanitaires, il n’y a des flash de lumière que pour faire croire à une charité dévouée pourtant ce que ces gens-là font dans les ténèbres ont a honte d’en parler.

Vous pouvez traiter ce point de vue de pessimiste mais c’est la triste réalité que nous osons vous conter là. Saint Paul nous met en garde : « Ne prenez aucune part aux activités des ténèbres, elles ne produisent rien de bon; démasquez les plutôt ». Au Séminaire ici nous pouvons nous venter de n’avoir aucune part à ces activités (encore faudrait-il s’en assurer) mais il ne suffit pas de ne pas y prendre part, il faut les démasquer et c’est là que se trouve la responsabilité de chacun et elle est grave. Il ne s’agit pas là d’une dénonciation agressive. Ce n’est que réalisme chrétien. Si nous sommes vraiment ce que nous sommes, c'est-à-dire lumière, nous saurons discerner clairement. Nous ferons alors apparaître la réalité de ce que sont ces œuvres de ténèbres. Tout dès lors, deviendra lumière. Le chrétien dans le Christ est un illuminateur. Il engendre la lumière. Les lampes et les cierges dans nos églises sont là pour nous le rappeler.

Poussions-nous ne jamais, pour quelque raison que ce soit, cacher notre lumière sous le boisseau. Puissions-nous ne jamais ternir notre éclat. Puissions nous projeter de plus en plus loin notre lumière pour faire reculer le règne des ténèbres.

« O toi qui dors réveille-toi et le Christ t’illuminera. »

 Ab Raoul KONSEIMBO

 

 

 

 

 

 

 

Homélie jeudi de la 4ème semaine de carême ( 6 mars 08 au séminaire)

(Ex 32, 7-14 ; Ps 105, Jn 5, 31-47)

 

Bien chers frères et sœurs !

Les textes d’aujourd’hui m’autorisent à donner une couleur de sermon à mon homélie. Je m’excuse donc auprès de ceux qui se sentirons mal à l’aise. Mais la Parole se présente telle qu’elle à nous.

Le climat est tendu dans les deux textes, vous l’avez certainement remarqué. De part et d’autre ont voie Dieu s’enflammer de colère contre les mortels à cause de leur endurcissement.

            Dans l’évangile, le point de départ de l’emportement de Jésus contre les juifs est la guérison d’un paralytique le jour du sabbat (à preuve, le récit de l’évangile du mardi passé). Les pharisiens en avaient été indignés et s’étaient mis a haïr Jésus et à vouloir le tuer.

Ici, le ton du Discours laisse percevoir que Jésus est déçu, désolé, offusqué par l’attitude des juifs. Malgré tout ce qu’il a fiat pour leur ouvrir les yeux à la vérité, ceux-ci s’enferment et s’obstinent dans leur ignorance. Ils sont aveuglés par la violente haine qu’il porte contre Jésus. Ce qui fait le plus mal à Jésus c’est qu’ils brandissent pour justifier leur endurcissement, ce qui devrait les aider à s’ouvrir au message du Sauveur : les saintes Ecritures.

Cet endurcissement ne surprend certainement pas Jésus. Les juifs sont entrain de faire exactement comme leur pères à l’Horeb. La première lecture nous raconte l’histoire du veau d’or. Dieu est plus que déçu de son peuple Israël. Il en a honte et ne veut même plus avoir aucun rapport avec lui. Ce peuple dont il se ventait pourtant de l’avoir fait sortir d’Egypte ‘’à main puissante et à bras victorieux’’, pour se le consacrer. Il l’attribut maintenant à Moïse : «  Va, descends, ton  peuple s’est perverti, lui que tu as fait monter du pays d’Egypte ». Dieu ne peut comprendre comment après tant d’amour, tant de sollicitudes, tant de peine pour ce peuple, celui-ci le paie en retour de cette grossière ingratitude et ce au moment même où il se prépare à sceller définitivement avec lui son alliance par le don de sa loi écrite de sa propre main. C’en est trop il demande à Moïse de se mettre de côté pour le laisser faire : « Ma colère va s’enflammer contre eux et je vais les engloutir » !

Frères et sœurs ! Ayons crainte de la colère du Tout-Puissant. Aujourd’hui plus que n’importe quelle autre époque, Dieu à des raisons de se mettre en colère contre cette humanité qui se pervertit de mal en pire. On ne s’en fou pas mal de Dieu aujourd’hui. On l’assimile à une chimère, à un produit psychologique de quelques rêveurs. Il y a longtemps que le veau d’or trône au cœur de l’humanité. Pire, les veaux se sont même multipliés et la clameur du peuple monte incessamment vers eux. On se prosterne, on les sacrifie, on les célèbre. Ces veaux d’or sont entre autre : la science, le plaisir, l’argent le pouvoir et j’en passe. Comme les pharisiens l’évangile passe sur eux comme l’eau sur les plumes d’un canard. Pourtant que d’amour celui-ci nous manifeste ! Il a versé tout son sang pour nous racheter, pour que nous puissions vivre dans le bonheur véritable

Cet endurcissement de l’humanité est la somme, la conséquence de nos endurcissements personnels. En effet, individuellement, le Seigneur nous entour d’un amour dont nous ne soupçonnons pas bien souvent toute l’ampleur. Comme sa vigne, il nous creuse tout autour, nous met du fumier, nous arrose et nous apporte tous les soins nécessaires pour que nous portions du fruit. Mais bien souvent c’est en vain.

Mon frère ! Ma sœur ! Ta conversion est devenu une urgence aujourd’hui. Il faut te convertir ici et maintenant, car la colère de Dieu ne pourra plus être retenu pour longtemps. Et cela nous rappelle le titre d’un des ouvrages de Mr Alexandre ZOUNGRANA : « Ne frappe pas Seigneur ! »

Alors le Seigneur frappera t-il ou ne frappera t-il pas ? Personnellement je crois que non. Du moins pas pour tout de suite. Il nous laisse le temps de nous convertir. Ce temps de carême est on ne peu plus favorable pour cette conversion. Ne remets pas cette conversion à demain si non tu trouveras malheur en chemin.

L’Eucharistie est l’occasion de cette conversion tant espérée. Jetons-nous donc en elle avec confiance. Elle sera notre refuge contre le saint courroux de Dieu. Grâce à elle le Seigneur renonce toujours au châtiment dont nous méritons et nous aime de plus belle. Car il y a là bien plus que Moïse.

« Réveille-toi et le Christ t’illuminera. »

 

Ab Raoul KONSEIMBO

 

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