Le magistère et l'ordination sacerdotale réservée aux hommes.

 

Pourrait-il y avoir des femmes prêtres dans l'Eglise catholique? Poser encore la question après la Déclaration « Inter insigniores » de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi publiée en 1977, puis les propos très ferme du Pape Jean-Paul dans sa Lettre apostolique « Ordinatio sacerdotalis » du 22 mai 1994 et enfin la note de Déclaration pour la Doctrine de la Foi en la date du 28 octobre 1995, semblera aux yeux de certains -et notamment de la part d'un prêtre- une orgueilleuse insoumission devant le « non » catégorique formulé par le Magistère de l'Eglise.

En effet dans sa Lettre apostolique « Ordinatio sacerdotalis », le Pape Jean-Paul a notifié sa volonté de clore le débat sur l'admission des femmes à l'ordination sacerdotale. Devant ces propos, Joseph MOINGT directeur de la revue « Recherche de  science religieuse » se dit surpris et même troublé par cette décision et déclare: « Je ne m'étais pas impliqué moi-même dans cette discussion estimant alors que des questions plus urgentes se posaient sur le plan de l'organisation de l'Eglise. Interrogé à l'occasion sur ce sujet, je répondais que le Nouveau Testament n'en soufflait mot, que la Tradition de l'Eglise ne s'en était pas davantage occupée, qu'il n'y avait pas d'argument théologique s'opposant de façon décisive à l'admission des femmes au sacerdoce, que le seul véritable obstacle venait de la pratique constante de l'Eglise, mais que cette obstacle n'était que disciplinaire, ce qui laissait le champs libre au débat d'idées. » Dans le même sens, un ecclésiologue de renom avait publié au par avant une étude de fond sur la question. Après une analyse minutieuse de la Déclaration « Inter insigniores », de son origine, de sa forme juridique, il estimait qu'elle ne constituait pas un enseignement de foi au sens précis du terme (elle n'engage pas le Magistère); ne trouvant pas non plus d'argument contraire dans l'Ecriture (jugement confirmé par une réponse de la commission biblique de 1976), ni dans la tradition, notre ecclésiologue concluait que le problème restait ouvert et que sa solution pratique devait être à la prudence du jugement pastoral de l'Eglise.

Comment alors un débat généralement considéré comme ouvert à la recherche pourra-t-il soudain être tenu, dans la foi, pour « définitivement » clos aujourd'hui? Bien sûr l'enseignement de Jean-Paul II est fondé sur la tradition constante et universelle qui a réservée depuis le commencement l'ordination sacerdotale aux hommes. Le fait est incontestable et le Pape est en droit d'en conclure que cela doit toujours se faire puisque cela s'est toujours fait. Mais ce ne serait jamais qu'un point de discipline sacramentelle. Or on veut que cette pratique ait valeur d'enseignement doctrinal: comment le sait-on, comment parvient-on à le tenir?

 

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