Arguments théologiques et scripturaires pour l'ordination sacerdotale des femmes.

 

1-Le sacerdoce de l'Ancien Testament

Dans l'Ancien testament, le sacerdoce authentique était limité aux hommes. Le sacerdoce d'Aaron et le service lévitique qui a quelque analogie avec le diaconat étaient également limités aux hommes (Ex28; Lv8). Cela était conforme au caractère profondément patriarcal de la société juive. Parce que nous acceptons la loi revêtue de l'autorité de Dieu, nous acceptons cette limitation du sacerdoce de l'Ancien Testament aux hommes d'une famille dans une tribu d'Israël comme exprimant la volonté de Dieu pour l'Ancien Testament. L'exclusion de la plupart des hommes et de toutes les femmes correspondait donc à la volonté de Dieu. Cependant cela n'a apparemment incidence directe sur le problème de l'ordination des femmes en question. Nous qui sommes dans le Nouveau Testament, nous recherchons la volonté de Dieu sur le sacerdoce du Nouveau Testament, le sacerdoce de Jésus-Christ.

 

2- Le sacerdoce des temps nouveaux

Le Christ Seigneur Grand Prêtre, pris d'entre les hommes (cf. He5, 1-5) a fait du peuple nouveau « un royaume des prêtres pour son Dieu et Père » (cf. Ap1, 6; 5,9-10). Toute fois la pratique et la tradition constante de l'Eglise catholique ont exclu les femmes de l'épiscopat et du sacerdoce. Jusqu'à l'époque moderne, les théologiens et les canonistes ont été unanimes pour considérer que cette exclusion était absolue et qu'elle avait une origine divine. En effet, un extrait de « Ordinatio sacerdotalis » raisonne ainsi: En voyant le Christ choisir ses Apôtres parmi les hommes uniquement, et les Apôtres à leur tour choisir des hommes uniquement, l'Eglise a compris qu'elle n'avait pas le pouvoir d'ordonner des femmes prêtres et c'est cela qu'elle enseigne par sa pratique. Que dire de ce raisonnement?

En vérité il va trop vite et trop loin, il passe sans justification logique d'un uniquement à un exclusivement, d'un présentement à un perpétuellement. L'Eglise voit le christ appelé des hommes uniquement, et les apôtres faire de même: elle ne le voit pas faire un choix entre hommes et femmes et exclurent ces dernières d'une volonté délibérée et perpétuelle. D'où le saurait-elle, puisque aucun texte du Nouveau Testament ne notifie une telle interdiction? Nous la voyons ordonner des hommes uniquement et nous disons que cette pratique exprime l'intention d'exclure à jamais les femmes de l'ordination sacerdotale. D'où le savons-nous puisque l'Eglise ne le proclame pas dans sa prédication orale? Sa pratique d'ordination témoigne d'un fait passé: elle répète ce qui s'est fait initialement; tout fait institué porte en soi la loi de sa répétition dans le présent et le proche futur, mais ne préjuge pas de sa perpétuité. Aucune pratique sacramentelle n'interdit qu'il soit fait autrement dans un avenir imprévisible, si cela s'avère nécessaire pour faire fasse à des besoins nouveaux. L'histoire des sacrements, précisément, est pleine de changement que celui que voudrait conjurer les Papes de notre temps. Par exemple, le passage qui s'est fait sur plusieurs siècles de la pénitence unique et publique à la pénitence multiple et privée. Dans le cas de l'ordination quand l'Eglise voit le Christ appelé des Apôtres et ceci se choisir des successeurs, ce qu'elle regarde avant tout, ce n'est pas le sexe des personnes appelées, c'est la volonté du Christ que des ouvriers soient incessamment envoyés travailler à sa mission. Voilà la loi fondamentale et absolue à laquelle l'Eglise obéit et qu'elle enseigne comme une vérité révélée par la pratique ininterrompue des ordinations sacerdotales. Si elle se voit dans le besoin d'ordonner des femmes pour remplir sa mission, soit parce que les hommes ne se présentent plus en nombre suffisant, soit les fidèles réclament instamment un ministère de femmes, qu'est-ce qui pourrait empêcher l'Eglise de changer sa pratique, comme elle l'a fait si souvent dans le passé pour d'autres sacrements. L'obligation de pourvoir à sa mission est le seul absolu qui s'impose à elle. L'intervention du Pape contre l'ordination des femmes ne fournit pas la preuve que la pratique historique des hommes enseigne comme vérité révélée l'interdiction d'ordonner des femmes. D'ailleurs dans le Nouveau Testament, il est fait mention d'une femme appelée diaconesse (cf. Rm16,1) et d'autres servant comme diacres (cf.1Tm3,11). Dans les premiers siècles de l'Eglise et spécialement en Orient, il y avait des diaconesses.[1] Ce qui a été fait, peut être refait. La présence des femmes dans le ministère ordonné pourrait être un bénéfice pour la diaconie de l'Eglise.



[1]    Les plus récentes études historique du dossier: A.G. MARTIMORT, Les Diaconesses. Essai historique,coll BES,n°24,Rome,1982.

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