Introduction

 

S'il y a une question aujourd'hui qui constitue une source de controverse et de débat complexe et passionnel au sein de l'Église catholique, en dehors de l'épineux problème du mariage des prêtres, c'est bien celle de la non ordination des femmes.

En effet, la problématique de l'éventuelle ordination des femmes- qui est née d'une façon générale vers 1958, après la décision prise en septembre de cette année-là par l'église luthérienne de Suède d'admettre des femmes au Pastorat (sacerdoce)- recouvre plusieurs questions dont certaines, dans le contexte actuel, apparaissent comme autant de soupçons qu'il vaut mieux clairement formuler si l'on veut pouvoir efficacement les écarter ! Devant l'évolution de la condition féminine dans la société, pour certains, l'examen de la place de la femme dans l'Église est à revoir, et ne peut aboutir qu'à un statut ecclésiastique égal à celui de l'homme. Ils ne voient pas pourquoi, alors qu'elles accèdent désormais en principe à tous les postes de responsabilité réservés jadis aux hommes, elles se verraient interdire l'accès au sacerdoce.

Pour ces féministes, rien dans les Écritures ne s'y oppose et seul un contexte social a conduit le Christ, il y a 2000 ans, à choisir exclusivement des hommes pour fonder son Église. Et lorsque l'on fait recours aux Écritures, on constate que la femme n'était pas en reste dans l'organisation de la liturgie :

-Dans l'Ancien Testament : en Jg 13,20, elle offre des sacrifices ; en Jg 4, 4, elle est juge c'est-à-dire chef du peuple et en 2 R 22, 14-15, elle joue le rôle de conseillère du grand prêtre.

-Dans le Nouveau Testament, Marie Madeleine, Marthe et Marie, Véronique et bien d'autres femmes sont considérées comme des proches collaboratrices du Christ, soit sur le chemin du calvaire et au Golgotha, au pied de la croix. Le dimanche de Pâques, c'est une femme qui a été la première messagère de la résurrection du Christ. En plus de cela, nous pouvons noter le fait qu’au début de l’Église, les Apôtres eux-mêmes auraient admis des diaconesses qui ont fait merveilles en « l’Église de Dieu ».

Alors, pourquoi le refus de porter au rang du sacerdoce la femme qui a joué un grand rôle dans la vie du Christ : toujours prête à le servir, plus disposée à l'écoute ? Que se cache-t-il derrière la volonté de l'Église de continuer à éloigner la femme du sacerdoce ? N'est-ce pas l'expression du désir de domination masculine des dirigeants de l'Église ? La femme a t-elle été vraiment exclue du sacerdoce par le Christ ? Le choix des hommes par le Christ, n'était-il pas conditionné par la mentalité de son temps ?

Qu'est- ce qui rend théologiquement acceptable l'argument selon lequel les femmes ne peuvent représenter le Christ, l'Homme ? Qu'est-ce qui théologiquement rend admissible la thèse que les femmes ne peuvent être ordonnées parce que Jésus n'a pas ordonné de femmes, bien qu'il soit parfaitement établi historiquement que Jésus n'a ordonné personne ?

A l'heure de la "crise des vocations" l'admission des femmes au sacerdoce ne serait –elle pas une solution ? Et si on s'en tient à la tradition, ne devrait –on pas appeler seulement les Juifs au sacerdoce, puisque le Christ n'avait choisi comme disciples que des Juifs ?

Autant de questions que posent les militants pour l'ordination des femmes. Ainsi donc, à quand l'ordination des femmes ? Ou quelles sont les raisons qui militent pour la non ordination des femmes ? C'est sur cette question que se focalisera ce présent exposé.
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