Le sacerdoce ministériel et le mystère du Christ

 

Selon la doctrine de l'Eglise, le prêtre est un sacrificateur qui agit in « persona christi ». Ainsi, dans l'exercice des sacrements qui exige le caractère de l'ordination, le prêtre agit non pas en son nom propre, ce qui signifie in "persona propria", mais in persona christi. En effet, depuis la Cène, ceux qu'on appelle «les ministres de l'Eucharistie» et au premier rang desquels on peut citer les Apôtres, perpétuent «au nom» du Christ, l'unique sacrifice de Jésus sur la croix en l'actualisant. Ainsi, la mission du prêtre aujourd'hui est de continuer celle de Jésus, le Fils de Dieu, vrai Dieu et vrai Homme. Ce n'est pas un pouvoir qu'il reçoit, mais une grâce particulière qui lui permet d'être pleinement au service. Il est un vrai signe, au sens sacramentel du mot. Et en tant que signe, elle doit avoir une ressemblance naturelle avec ce qu'il signifie[1]. Puisque Jésus, nouvel Adam, a choisi des hommes comme Apôtres, l'Eglise, le corps du Christ, fidèle au choix du Seigneur, appelle des hommes à son service. A travers elle, c'est le Christ, prêtre et époux de l'Eglise qui continue d'agir.

De plus, le sacerdoce ministériel, s'agissant d'un sacrement et non d'une disposition d'organisation sociale ou d'un droit à obtenir par la revendication, il ne peut être compris qu'à la lumière de la révélation du Christ, transmise dans l'Ecriture, interprétée par la tradition. Ainsi donc, l'attrait du sacerdoce de certaines femmes, noble et compréhensible qu'il soit, ne constitue pas encore une vocation. En effet, l'auteur de l'épître aux Hébreux nous dit : «Nul ne s'arroge cette dignité : il faut y être appelé par Dieu (He 5, 4). Ainsi donc, cette vocation ne saurait se réduire au seul attrait personnel qui peut demeurer purement subjectif.



[1] Janine Hourcade, Des femmes prêtres ? , édition Mame, Belgique, 1993, page 49.

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