MERCREDI DES CENDRES

 

 

Jl 2, 12-18 / Ps 51 / 2 Co 5, 20 - 6, 2 / Mt 6, 1– 18.

 

 

6. Bien chers frères et sœurs, fils et filles de l’Eglise Famille de Dieu qui est à Koudougou, par la liturgie de ce mercredi, dit mercredi des Cendres, nous commençons le temps du Carême qui nous conduira jusqu’à Pâques.

 

 

Qu’est-ce que le Carême ?

 

Le mot « Carême » vient du latin« quadragesima» qui signifie quarantième (sous-entendu : jour), le quarantième jour étant le jour de Pâques. Ce temps nous rappelle les quarante jours du Christ au désert, mais aussi les quarante années que le peuple juif passa au désert avant d’entrer dans la terre promise. Durant ce temps, l’Eglise nous invite à nous préparer à la grande fête de Pâques qui commémore la Résurrection du Christ, venu libérer tous les hommes du péché, et proposer l’amour à tous.

 

Le carême n’est pas seulement un temps de sacrifice ou de pénitence, c’est avant tout une invitation à nous centrer sur l’essentiel : Jésus-Christ. Mais garder ses yeux sur Jésus, le suivre et l’imiter est exigeant. Cela demande de choisir entre la vie d’amour que le Christ propose, et nos petits et grands égoïsmes.

 

 

Le Carême est un temps pour revenir à l’essentiel. Faire pénitence, c’est se détacher de ce qui nous retient, s’ouvrir aux autres et se convertir au Christ pour accéder à la vraie liberté d’aimer comme Jésus nous a aimés jusqu’à donner sa vie.

 

Du Mercredi des Cendres à la nuit de Pâques, il y’a quarante jours de préparation. Ces quarante jours ne prennent pas en compte les Cinq dimanches du Carême, ainsi que le Dimanche des Rameaux, qui ne sont pas des jours de pénitence. En effet, même pendant le Carême, nous sommes invités, le dimanche, à célébrer la Résurrection du Seigneur.

 

A travers la messe de chaque jour du Carême, l’Eglise nous donne un nouvel élan pour profiter pleinement de ce temps de grâce.

 

 

Le sens du Mercredi des Cendres.

 

7. Le Mercredi des Cendres marque le début, le commencement du Carême ; le début de notre marche vers Pâques. En effet, le Carême nous introduit dans la Passion-Mort-Résurrection du Christ, et nous rappelle aussi que Dieu, en Jésus-Christ, Parole faite chair, est entré en relation, en dialogue avec l’homme. La liturgie du Mercredi des Cendres nous fait découvrir que notre vie sur terre n’est qu’un passage. Les cendres que nous allons recevoir sur le front, accompagnées de la parole biblique, « souviens-toi que tu es poussière et que tu retourneras en poussière »,sont le signe de pénitence et de demande de pardon. Elles nous disent aussi une autre chose : nous sommes faits de poussière, nous sommes fragiles et faibles.

 

Demain, cet homme qui se croit fort et puissant ne sera plus rien. Nous sommes faits de poussière, et les cendres posées sur notre front nous le rappellent, mais non pour nous faire peur ou nous angoisser. Dans la vie chrétienne, la faiblesse et la fragilité sont des dimensions importantes. Elles nous poussent vers Dieu et nous pressent à chercher ce qui unit les hommes et à découvrir ainsi le chemin de la rencontre et de la collaboration. Pour nous chrétiens, la vraie force consiste à prendre conscience de nos faiblesses et à garder l’humilité et la douceur. « Les doux, dit Jésus, auront la vie éternelle » (Mt 5,5).

 

 

Le Carême, un temps pour bâtir la paix

 

8. « Heureux les artisans de Paix, ils seront appelés fils de Dieu » (Mt 5,9).

 

La paix est un don de Dieu, et le Christ est venu pour nous offrir la Paix. Il est venu pour nous réconcilier avec Dieu et nous réconcilier les uns avec les autres. C’est pourquoi le signe des cendres est toujours actuel. Il nous est donné pour nous apprendre à mieux vivre, et pour nous faire comprendre combien est grand l’amour de Dieu qui a choisi de se lier à des hommes faibles et fragiles.

 

A nous, si faibles et si fragiles, il a confié le grand don de la Paix. « Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix » (Jn 14,27). Il veut que nous vivions la paix, que nous gardions la paix, que nous défendions la paix, que nous construisions la paix. Dans plusieurs endroits du monde, la paix est gaspillée sans cesse, et des populations entières sont livrées à l’humiliation, à la violence et à la barbarie. Des vies humaines, par centaines, sont sacrifiées tous les jours. Tant de familles, de villes et de villages, tant de sociétés ou de pays ignorent la paix.

 

Les paroles du prophète Joël résonnent encore aujourd’hui et nous interpellent : sonnez de la trompette dans tout Jérusalem, prescrivez un jeûne sacré, annoncez une solennité, réunissez le peuple, tenez une assemblée sainte, rassemblez les anciens, réunissez petits enfants et nourrissons… Entre le portail et l’autel, les prêtres iront pleurer… Le Seigneur s’est ému en faveur de son pays, il a eu pitié de son peuple »(Jl. 2, 15-18).

 

Oui, le Seigneur s’émeut en faveur du monde, il s’émeut en faveur de l’humanité, de nos communautés, de nos familles, de nos personnes. C’est par compassion qu’il a fait de nous, comme l’écrivait saint Paul aux Corinthiens, des ambassadeurs du Christ, des messagers de la Paix et de la Réconciliation.

 

« Carême et vie de foi »

 

9. Bien chers frères et sœurs, fils et filles de l’Eglise Famille de Dieu qui est à Koudougou, pendant ce temps de Carême 2013 particulièrement, nous sommes invités instamment par le Christ, à être des bâtisseurs de Paix, à être des sentinelles de la paix là où nous vivons et là où nous travaillons. Il nous est demandé de veiller pour ne pas céder à la tentation de l’égoïsme, du mensonge, du vol et de la violence.

 

Les récents événements survenus au niveau régional nous interpellent. Si la paix est un don de Dieu, elle doit être protégée à tout prix. Mais cela passe par la construction d’une société de justice, d’égalité et de légalité.

 

L’exploitation du pauvre et de son ignorance pour assouvir des aspirations égoïstes et partisanes est un crime.

 

L’exploitation d’enfants fragiles et innocents est suicidaire pour une société qui veut avancer.

 

Le sang des pauvres et des innocents, les larmes et les nuits sans sommeil des exclus de notre société, si elles ne crient pas vengeance, réclament réparation.

 

La responsabilité citoyenne et républicaine est un devoir pour tous. Le respect du bien commun et de celui d’autrui est un devoir.

 

Frères et sœurs, nous sommes tous responsables dans les événements de ces jours-ci, et sommes donc appelés à nous convertir, à revenir à Dieu dans le jeûne, la prière et l’aumône. Le chrétien ne doit pas céder à la tentation de l’égoïsme, de la violence, de l’injustice et de la vengeance. L’espérance et la patience chrétiennes nous invitent à nous tourner vers Dieu par la conversion du cœur.

 

A un journaliste qui lui demandait comment construire la paix, Mère Theresa répondit : « Rentre chez toi et aime ta famille ».Les vertus africaines de solidarité, du dialogue et de la recherche du consensus doivent être promues dans les situations de tensions ou de conflits.« Heureux les artisans de paix, ils seront appelés fils de Dieu ».Mt 5,9.

 

 

10. Frères et sœurs, le moyen le plus sûr pour être bâtisseur de Paix durant ce temps de Carême est de vivre réellement les quatre piliers du carême que sont : la pénitence, le partage, le pardon et la prière. Ces quatre piliers feront de nous des sentinelles, des veilleurs, attentifs et vigilants.

 

Dans l’Evangile d’aujourd’hui (mercredi des cendres), Jésus nous exhorte à jeûner et à prier pour vaincre notre orgueil et notre arrogance, et nous disposer à recevoir les dons de Dieu. Nos forces à elles seules ne suffiront pas à éloigner le mal ; c’est pourquoi nous devons demander l’aide de Dieu qui seul peut donner aux hommes la paix qu’ils sont incapables de trouver.

 

Bien chers Chrétiens, fils et filles de l’Eglise Famille de Dieu, le pape Benoit XVI nous rappelait, dans son message de Carême 2011 que la pénitence, l’aumône et la prière sont les fondements de ce temps. Le jeûne, pour le Chrétien, a une signification profondément religieuse et lui permet de vaincre son égoïsme pour vivre dans la logique de l’amour.

 

« En acceptant la privation de quelque chose qui ne soit pas seulement du superflu, nous apprenons à détourner notre regard de notre« moi » pour découvrir quelqu’un à côté de nous et reconnaitre Dieu sur le visage de tant de nos frères » Benoit XVI.

 

 

11. L’aumône ou le partage est une arme pour le chrétien dans sa lutte contre « l’idolâtrie des biens, la tentation de la possession et de l’amour de l’argent ». Alors, il faut pratiquer l’aumône. Ce que nous épargnons par le jeûne, c’est pour le donner aux pauvres. Le pauvre est le meilleur lieu pour épargner. Les pauvres sont une banque qui rapporte l’éternité. « La pratique de l’aumône, enseigne le pape Benoit XVI, nous ramène à la primauté de Dieu ».

 

 

 Pour le Chrétien, le Carême est un temps d’ouverture à Dieu dans la prière, et aussi ouverture au prochain par l’aumône. C’est cela, le jeûne qui est agréable à Dieu.

 

Seigneur, Maitre de la vie et de l’histoire, défenseur du pauvre, de la veuve et de l’orphelin, ne nous abandonne pas à l’esprit d’oisiveté, d’abattement, de domination, de vengeance et de haine.

 

Eloigne de nos lèvres les vaines paroles.

 

Enlève de nos cœurs les pensées perverses, toutes recherches égoïstes et partisanes des biens de ce monde.

 

Et accorde-nous l’esprit de sagesse, de chasteté, d’humilité, de patience et d’amour.

 

Oui, Seigneur, donne-nous de voir nos fautes.

 

Apprends-nous à contempler dans le pauvre ton saint visage.

 

Apprends-nous à ne pas juger nos frères, et à être des bâtisseurs de paix.

 

Que ces 40 jours de jeûne, de prière et de charité nous approchent de toi et des autres pour construire un monde de justice, de paix et d’amour, car tu es le Dieu de la paix, toi qui es béni pour les siècles des siècles, Amen !

 

 

 

 

 

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