RETRAITE SACERDOTALE 2013

 

Lieu : Saint Jean Baptiste de Wayalgê, Ouagadougou,

Date : Du 22 au 29 Août 2013

Thème : L’OBÉISSANCE                         

Prédicateur : P. Mathieu ZONGO, Fdp

 

 

Premier jour -matin:

« JE CHERCHE TA FACE, SEIGNEUR » PS 26,8

Prière : Psaume 26

La quête de la paix et du bonheur

Nous sommes tous des pèlerins à la recherche du sens de notre vie ; notre vie passée, présente et future. De façon consciente ou non, chacun de nous, comme tout homme d’ailleurs, cherche la route, le chemin qui le conduira à la paix et au bonheur. Nul ne pourra jamais ôter du cœur de la personne humaine cet objectif de recherche du sens de sa propre vie. Si ce que nous venons de dire est vrai pour chaque homme ; c’est dire que cette affirmation l’est aussi pour nous, prêtres de Jésus Christ. Cela est d’autant plus vrai qu’aucun projet de vie ne saurait tenir longtemps s’il repose uniquement sur le renoncement, sans qu’il ne soit soutenu positivement par la certitude de la garantie d’un épanouissement personnel : « Si quelqu’un veut venir à ma suite, qu’il se renie lui-même et prenne sa croix chaque jour, et qu’il me suive. En effet, qui veut sauver sa vie, la perdra ; mais qui perd sa vie à cause de moi, la sauvera. »

L’on pourrait toujours discuter de l’objet de cette recherche, des chemins qui conduisent à la paix et au bonheur, ainsi que de leur contenu. J’ai vécu cette anecdote dans un minibus de transport en commun avec un confrère : ‘’Siporese carrefour du bonheur’’.  Devant donc les risques que l’homme court à se perdre dans cette quête légitime du bonheur, les mots du psalmiste que voici nous indiquent vers où aller chercher cette paix véritable: « Seigneur, enseigne-moi tes voies, fais-moi connaitre ta route » Ps 24,4 ; ces mots n’expriment-ils la désillusion et le désenchantement de l’homme à chercher la paix et le bonheur là où ils ne sont pas ? La bible dit que Dieu « est le Tout » (Si 43,27) et qu’en réalité, l’homme recherche la face du Seigneur (Ps 26,8) même inconsciemment. Il s’agit là d’une expérience qui conduit à la paix. Pour nous prêtres, cette recherche du visage du Seigneur et du chemin qui conduit à Lui devient un engagement joyeux mais, en même temps difficile, vers la paix. La recherche assidue de la volonté divine est finalement une marche vers la paix car « dans sa volonté est notre paix ». Cependant, Dieu étant Dieu, le livre d’Isaïe (cf. Is 55, 8) nous rappelle que ses chemins et ses pensées ne sont pas toujours nos chemins ni nos pensées. En effet, nous le savons par expérience, la recherche de la volonté divine n’est pas une entreprise aisée. Elle est difficile voire pénible parfois. Nous en faisons tous les jours l’expérience non seulement dans les décisions concernant notre vie personnelle mais aussi lorsque nous devons décider ensemble avec les autres sur des questions essentielles. On peut le dire, la recherche qui conduit à faire l’expérience de la paix constitue la peine de chaque jour.  La raison, nous la trouvons à la fois dans la perfection de Dieu et dans l’imperfection de l’homme, qui font alliance. Demandons nous alors qu’est-ce qui dans ma vie m’empêche de faire alliance avec le Seigneur ? Blessures intérieures, blocages, relations difficiles, tensions et conflits, ambitions et prétentions, etc. il faut commencer par reconnaitre humblement ce qui nous empêche d’être heureux et en paix avec nous-mêmes d’abord car bien souvent c’est cela qui nous empêche d’être en paix avec Dieu et les autres. Je finis par vous raconter une blessure intérieure dont je n’avais pas conscience qui m’amener à ne pas faire ce que ma mère m’a demandé un jour ; à lui désobéir donc alors qu’elle n’était pas le problème. En réalité, J’avais désobéit à quelqu’un d’autre par l’entremise de ma mère. Dieu merci, elle avait compris…

 

 

Premier jour- Après midi

Dans sa volonté est notre Paix

 Commençons par une histoire pour illustrer…

« Trois charismatiques américains partent faire une balade en montagne.ils commencent leur ascension assez tard et, quand ils arrivent au sommet, il leur faut déjà redescendre. L’un d’entre eux dit aux deux autres :

« En montant, j’ai vu un raccourci, on pourrait passer par là. – passe par là si tu veux, lui disent les deux autres. Nous, nous préférons prendre le même sentier qu’à aller, c’est plus prudent. »

Ils se séparent donc. Le charismatique qui s’est cru plus futé que les autres se trouve au bout d’un moment en situation difficile. Il est en haut d’une falaise. Impossible de la descendre. Impossible de revenir en arrière. Il est coincé. A ce moment-là, il voit un peu plus bas, dans la vallée ses deux compagnons qui, par le chemin classique, se sont bien débrouillés et sont en avance par rapport à lui. Il leur crie :

  Eh oh !

Eh oh ! répondent les autres.

Vous voyez où je suis. Pouvez faire quelque chose pour moi ?

Non, il est trop tard, la nuit va tomber.

Alors, qu’est-ce que je peux faire ?

Apelle Dieu. »

En homme de foi, notre charismatique obéit, il met ses mains en cornet, il se tourne vers le ciel, et il appelle :

              « Seigneur !

Oui, lui répond une voix grave venue d’en haut, c’est moi.

Seigneur, est-ce que tu me vois ?

Oui, je te vois.

Peux-tu me sauver ?

Oui, je le peux.

Qu’est-ce que je dois faire ?

Saute. »

Le charismatique regarde le vide en face de lui, il avale sa salive et, avec une petite voix, il remet sa main en cornet et il appelle :

              « Il n’y aurait personne d’autre, là-haut ? »

Tiré de « Dieu est humour »

Bien qu’elle soit une expérience par nature complexe, nous sommes tous engagés, personnellement et en communauté, par le baptême à chercher et accomplir la volonté de Dieu. Nous savons en effet, qu’un aspect de la consécration spirituelle dans le baptême (Offrande agréable à Dieu, un amour total, préférentiel et exclusif ; une justice intégrale) est l’obéissance radicale. L’Évangile est très clair sur ce point : Aimer Dieu, c’est faire sa volonté. A la suite de Jésus, le chrétien doit vivre une obéissance à la volonté du Père et s’engager à l’accomplir sur terre. Cette obéissance exigée de tous appellera des moyens et nécessitera des médiations selon les manières de la vivre dans les différents états de vie. Dans tous les cas, l’existence du chrétien doit être sous l’emprise de la volonté de Dieu au moyen d’une obéissance radicale et authentique.

C’est pourquoi, en partageant les mêmes objectifs et la même passion en Église famille, nous devons tous, selon la multiplicité des rôles et la diversité fonctions, rechercher ce qui plait à Dieu ; ce qui est conforme à sa volonté et à Lui obéir. C’est pourquoi aussi, en vertu de l’autorité liée aux rôles de quelques-uns, ceux-ci « sont appelés à exercer…la tâche particulière d’être signe d’unité et guide dans la recherche unanime et l’accomplissement personnel et communautaire de la volonté de Dieu. » CIVCSVA, n°1.

Dès lors, les services de l’autorité et (l’exercice ou la pratique) de l’obéissance s’inscrivent dans cet impératif de la recherche et de l’accomplissement de la volonté divine sur la terre comme le souhaitons dans le « notre Père » : que ta volonté soit faite sur la terre comme au Ciel ; Autorité et obéissance deviennent deux expressions de la vie d’amitié avec Dieu et de la charité fraternelle. Elles définissent et déterminent deux étapes successives d’une même marche vers la paix en Dieu. Si la première recherche et découvre la volonté de Dieu, c’est pour que la seconde l’accueille et l’accomplisse. L’anthropologie de la parole nous montre que la parole est parole non pas seulement parce qu’elle est prononcée mais aussi parce qu’elle est entendue, écoutée et accueillie comme telle, chargée de sens. L’obéissance rend vivante la parole de Dieu. L’obéissance prolonge la parole… elle lui donne un lieu, un temps en dépassant l’instant de sa prononciation en lui donnant une durée… l’obéissance offre à la parole un champ d’action, un cadre de vie…

La quête de bonheur et de paix est légitime mais encore faudrait-il nous demander si en pratique, dans notre existence de chaque jour le Christ, en tant que expression parfaite de la volonté de Dieu, est notre paix. Il ne s’agit pas là d’une question théorique mais bien une question existentielle. C’est bien parce que la paix est le condensé ou le résumé des promesses du salut promis à l’humanité que le christ la donne à ses apôtres au matin de la résurrection

Bien chers amis, réfléchir et méditer sur l’obéissance comporte des préalables !

Commençons par nous demander si Dieu est notre paix ? Sur cela, personne ne pourrait répondre à notre place. La paix du cœur se ressent quand elle est effective. Nul ne saurait mentir à lui-même sur ce point. Autrement dit, est-ce que je suis heureux d’être prêtre ? Est-ce que je renouvelle chaque matin le premier ‘oui’ que j’ai dit au Seigneur.

Demandons-nous si dans notre ministère et vie sacerdotale, nous avons toujours cherché à faire en toute sincérité la volonté de Dieu ?  

Demandons la grâce de l’Esprit Saint. Qu’il nous fasse comprendre la volonté de Dieu et nous donne la force de l’accomplir. Que la gloire soit rendue au Père, au Fils et au Saint Esprit ! Comme il était au commencement, maintenant et toujours dans les siècles des siècles. Amen !

 


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Dante Alighieri, La Divine Comédie, Le Paradis, III, 85

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