II - IDENTITE DE L'EVANGELISATEUR ET DU PASTEUR

4. La conscience missionnaire du prêtre. La communion des Eglises particulières avec l'Eglise universelle atteint sa perfection seulement quand elles-mêmes prennent part à l'effort missionnaire en faveur des non chrétiens dans leur propre territoire et aussi en direction des autres peuples (25).

Dans ce dynamisme apostolique, qui appartient à l'essence missionnaire de l'Eglise (26), les prêtres occupent nécessairement une place particulièrement importante. Cela doit être spécialement évident pour ceux qui travaillent dans les territoires de mission, où se réalise l'évangélisation des non chrétiens.

En effet, les prêtres ont reçu, avec l'ordination, une grâce spéciale qui "les prépare non pas seulement à une mission limitée et restreinte, mais à une mission très vaste et universelle, 'jusqu'aux extrémités de la terre' (Ac 1,8)" (27).

Il en résulte que tout prêtre doit avoir une conscience missionnaire très claire, qui le rende apte et prêt à s'engager de façon pratique et avec générosité pour que l'annonce de l'Evangile atteigne ceux qui ne professent pas encore la foi au Christ. Le prêtre est en toute vérité "missionnaire envoyé au monde" (28).

L'évangélisation des non chrétiens vivant sur le territoire d'un diocèse ou d'une paroisse, est confié, en première responsabilité, à leur pasteur propre, en collaboration avec la communauté chrétienne. Ce devoir apostolique demande que l'Evêque soit essentiellement messager de la foi et que les prêtres s'emploient de toutes leurs forces à prêcher l'Evangile à ceux qui demeurent en dehors de la communauté ecclésiale, qu'ils s'y engagent en personne, avec leurs fidèles, en collaboration avec les missionnaires.

Dans la répartition des charges pastorales, on ne confiera pas en priorité aux prêtres du clergé local les communautés déjà formées et rassemblées, en laissant aux missionnaires celles qui sont en formation ou la responsabilité d'évangéliser de nouveaux secteurs. Les prêtres du pays ont le droit et le devoir d'assumer eux-mêmes la charge de l'évangélisation de leurs propres frères qui ne sont pas encore chrétiens: ils seront ainsi en vérité des apôtres des frontières, n'aspirant pas aux fonctions les plus en vue, aux postes offrant une plus grande sécurité, plus centraux ou mieux rémunérés.

Les jeunes Eglises sont encouragées à participer "dès que possible et de manière effective à la mission universelle de l'Eglise en envoyant elles-mêmes des missionnaires prêcher l'Evangile partout dans le monde, même si elles souffrent d'un manque de prêtres" (29). Toutes les Eglises particulières sauront ainsi donner de leur pauvreté (30). Pour cela, en plus des prêtres qui appartiennent à des Instituts missionnaires, les diocèses seront disposés à envoyer comme missionnaires fidei donum s'engageant dans l'activité missionnaire proprement dite (31), ceux de leurs propres prêtres qui ont entendu cet appel du Christ. Ces prêtres seront heureux de pouvoir vivre en plénitude la communion avec le Christ envoyé par le Père (cf. Jn 17,18; 20,21) et avec l'Eglise universelle, en se mettant à la disposition de leur propre Evêque, pour être envoyés prêcher l'Evangile à d'autres peuples. Cela requiert chez eux non seulement une grande maturité dans la conscience de leur vocation, mais aussi la capacité de quitter leur patrie, leur ethnie et leur famille, et une aptitude particulière à s'insérer dans une autre culture, en la comprenant et en la respectant (cf. Gn 12, 1-4; He 11,8).

Dans aucun autre secteur de l'apostolat, les prêtres ne pourront manifester plus qu'en celui-là l'intensité de leur amour du Christ, de l'Eglise et des hommes, jusqu'à pouvoir affirmer comme St Paul: "Je me suis fait tout à tous afin de pouvoir en sauver au moins quelques uns" (1 Co 9,22) (32).

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