5. La conscience pastorale du prêtre. La fonction pastorale exige des prêtres une conscience pastorale approfondie, qui se fonde sur leur identité de "consacrés pour prêcher l'Evangile, pour être les pasteurs des fidèles et pour célébrer le culte divin" (33), participant ainsi à la mission du Christ Bon Pasteur qui connaît, nourrit et guide ses brebis, et va à la recherche de celles qui sont perdues ou sont encore en dehors du bercail (cf. Jn 10,1ss; Lc 15, 3-6).

Dans son expression plénière, la conscience pastorale implique le sens d'une appartenance à l'Eglise universelle, en communion d'amour et d'obéissance avec le Pontife Romain, principe et fondement perpétuel et visible de l'unité dans la foi et dans la communion de la charité (cf Mt 16,19; Jn 21, 15-17); elle implique aussi dans le sens de la communion et du partage entre les Eglises particulières, dans lesquelles et à partir desquelles se construit l'Eglise universelle (34). Une Eglise particulière devient stérile si elle ne donne rien aux Eglises soeurs. Cela suppose que les prêtres soient disposés à partir, envoyés par leur Evêque, pour collaborer, dans la charité, avec les Eglises plus pauvres, en particulier avec celles qui se trouvent dans un contexte encore partiellement évangélisé (35).

Dans son expression immédiate, la conscience pastorale implique le sens de l'appartenance à une Eglise particulière, en communion avec son Pasteur, avec les autres prêtres, les diacres, et toute la communauté des fidèles.

La communion avec l'Evêque doit être tout à la fois spirituelle et hiérarchique; elle comporte certaines attitudes permanentes:

· reconnaître en lui l'autorité du Christ, Pasteur Suprême;

· accepter avec estime et amour son rôle de père de la communauté diocésaine;

· collaborer activement avec lui dans un esprit d'obéissance apostolique.

Les Evêques, pour leur part, considéreront les prêtres comme "des frères et des amis"; ils les connaîtront personnellement; ils les visiteront régulièrement et ils prendront à cœur  leur bien matériel et spirituel (36). Les rapports entre les Evêques et les prêtres se fondent sur un esprit de foi; ils se développent et s'expriment dans un climat de confiance réciproque, d'estime sincère et de collaboration concrète, en respectant le rôle propre à chacun.

La communion entre les prêtres se fonde sur le fait qu'ensemble et autour de leur Evêque, ils forment un "seul presbyterium" (37). Le sens de l'appartenance au presbyterium, en outre, fait que chaque prêtre se sente uni à tous les autres par "un lien particulier de charité apostolique, de ministère et de fraternité" (38), réalisant ainsi l'unité que le Christ a voulue pour les siens, de telle sorte qu'ils "soient un" (cf. Jn 17,23). Au plan institutionnel, le rôle du presbyterium se concrétise dans le Conseil presbytéral à qui, selon le droit, il revient justement d'aider l'Evêque dans le gouvernement du diocèse. Dans les Eglises de territoires de missions, celui-ci exerce une fonction pastorale active de premier ordre; il doit donc être institué et valorisé, le plus largement possible, conformément aux normes canoniques et en tenant compte de la situation concrète locale (39).

La communion avec les fidèles demande que les prêtres se considèrent comme formant avec eux le Peuple de Dieu, étant radicalement consacrés au service de la croissance de la communauté, et animés par une authentique charité pastorale: pris parmi les hommes, ils sont établis en leur faveur pour ce qui concerne leur relation à Dieu (cf. He 5,1) (40). En conséquence, les prêtres prieront constamment pour leurs fidèles, les recommandant de tout leur cœur  à l'amour du Père commun (cf. 2 Th 1,11); ils chercheront à bien connaître leur situation réelle, comme le Pasteur connaît ses brebis (cf. Jn 10,14); ils vivront au milieu d'eux comme "des frères parmi leurs frères" (41); ils progresseront ensemble sur le chemin de la foi, les précédant et donnant l'exemple de la vie chrétienne (cf. Jn 13,15); ils éviteront avec soin tout ce qui pourrait être cause de scandale (cf. 2Co 6,3); ils donneront, en union avec la communauté, un témoignage authentique de fidélité chrétienne dont le sens n'échappera pas à ceux qui "sont loin" et ne croient pas encore au Christ; ils veilleront à ne pas se rendre étranger à leur peuple par un style de vie qui, même sans le vouloir, les établirait à un autre niveau social.

On doit louer les prêtres qui acceptent et accomplissent avec conscience et dans la joie tout service confié par leurs Evêques, qui font tout ce qui est possible pour rejoindre les non chrétiens, qui ne se laissent pas prendre par des activités extérieures étrangères au sens apostolique de leur vocation.

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