Conférencier : Mgr Gabriel SAYAOGO, évêque de Manga

 

d. Une caractéristique de la vie du prêtre : l’obéissance

 

La vie et la mission de l’Eglise, pour pouvoir se développer, exigent un ordonnancement, des règles, des codes de comportement, c’est-à-dire un ordre disciplinaire. Il faut dépasser les préjugés négatifs sur la discipline elle-même. Il faut éviter de croire qu’elle n’est pas possible pour certains. L’observance des normes permet d’éviter les tensions qui compromettent l’effort de la pastorale unitaire. Pour assumer avec maturité son engagement ministériel, il faut être persuadé que l’Eglise a besoin de normes, afin de rendre visible sa structure hiérarchique et organique, et pour permettre l’exercice des fonctions à elle confiées par Dieu, particulièrement les fonctions de gouvernement et de sanctification. Il faut se persuader que tout comme l’Eglise entière, le diocèse et la paroisse ont besoin de normes de gouvernement et que le prêtre lui-même a besoin de normes de conduite. Les initiatives arbitraires, les expressions marquées par le subjectivisme, les improvisations, la désobéissance constituent autant de contradictions manifestes par rapport au ministère sacerdotal et sont à éviter.

Le prêtre est avant tout appelé à obéir à l’évêque. Il lui obéit parce qu’il voit en lui le Christ lui-même, et au-delà du Christ, Dieu le Père : « Qui vous accueille m’accueille, et qui m’accueille, accueille celui qui m’a envoyé » (Mt 10, 40). La première exigence du sacerdoce est que l’individu soit réellement une configuration du Christ, le Christ soumis en tout au Père. Il y a des gens, même des prêtres, qui sont allergiques à tout ce qui vient de l’extérieur. Sous le couvert de la liberté, ils s’identifient à des chiens enragés, ou à des chiennes qui veillent sur leurs petits, ou encore à des menthes religieuses. Il y a ceux aussi qui se donnent des devises d’hommes durs, alors qu’ils ne sont rien: ‘’born to be wild’’ (né pour être sauvage).

L’obéissance du prêtre est une communion à la volonté de Dieu pour la vivre et la communiquer aux autres. C’est cela qui a caractérisé toute la vie de Jésus. Il faut savoir s’occuper des affaires de Dieu. « Pourquoi me cherchez-vous ? Ne savez-vous pas que je dois être aux affaires de mon Père » ? (Lc 2, 49). Après l’épisode de Jérusalem, où il a donné des sueurs froides à ses parents pendants trois jours, « il redescendit avec eux et revint à Nazareth ; et il leur était soumis » (Lc 2, 51). 

Partant des principes de la parole de Dieu, le magistère ecclésiastique nous fait un bel exposé de la nécessité de l’obéissance dans la vie et le ministère du prêtre. Le document conciliaire ‘’le ministère et la vie des prêtres’’ nous dit : « Tous les prêtres, en union avec leurs évêques, participent à l’unique sacerdoce et à l’unique ministère du Christ ; c’est donc l’unité même de consécration et de mission qui réclame leur communion hiérarchique avec l’Ordre des évêques… Les prêtres savent que les évêques sont revêtus de la plénitude du sacrement de l’ordre ; ils doivent donc respecter en eux l’autorité du Christ, Pasteur suprême. Qu’ils aient pour leur évêque un attachement sincère, dans la charité et l’obéissance. » (MVP 7). Plus loin, le même document poursuit : « Parmi les qualités les plus indispensables pour le ministère des prêtres, il faut mentionner la disponibilité intérieure qui leur fait rechercher non pas leur propre volonté, mais la volonté de celui qui les a envoyés...

Le ministère sacerdotal étant le ministère de l’Eglise, on ne peut s’en acquitter que dans la communion hiérarchique du Corps tout entier. C’est l’obéissance qui exige qu’ils exposent leurs projets avec confiance et qu’ils insistent sur les besoins du troupeau qui leur est confié, tout en restant prêts à se soumettre toujours au jugement de ceux qui sont, dans l’Eglise de Dieu, les premiers responsables… » (MVP 15).

L’obéissance à l’évêque entraîne une union avec les autres prêtres. « Aucun prêtre n’est en mesure d’accomplir toute sa mission isolément et comme individuellement ; il ne peut se passer d’unir ses forces à celles des autres prêtres sous la conduite des chefs de l’Eglise. » (MVP 7)    

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