Troisième jour de la retraite

Premier entretien

Ce matin, nous avons contemplé le Seigneur qui vient nous offrir le pardon du Père avec une bonté, une délicatesse, un respect que nous n’aurions jamais pu imaginer.

Mais comment accueillir en nous ce pardon de Dieu ? Comment être libéré de ces puissances de mort en nous, de ces forces en nous qui nous poussent à nous refermer sur nous-mêmes ?

Et puis il y a aussi ce sentiment de culpabilité qui nous ronge. Notre sentiment d’indignité peut parfois ruiner nos vies ou encore fausser nos relations tant il nous referme sur nous-mêmes.

Comment puis-je laisser entrer dans mon cœur cette certitude du pardon de Dieu ?

Son pardon est toujours présent. Il nous est toujours offert. Lorsque je reconnais ma faiblesse, ma culpabilité et ma faute, le pardon devient mien.

C'est vrai, Dieu a de nombreuses manières de pardonner.

Le sacrement de la réconciliation est cependant le moyen par excellence pour accueillir son pardon et aussi avoir la conviction intérieure de ce pardon et la paix qui en sont le fruit et le signe.

C’est le plus sûr moyen pour que son pardon nous atteigne le plus intensément.

Par la confession des fautes que j’exprime par des mots devant un prêtre et par l’absolution que je reçois, c’est la façon définitive et la plus humaine par laquelle je puis être délivré de ma culpabilité et faire l’expérience du pardon de Dieu qui rejoint ma personne dans toutes ses composantes intérieure, sensible, physique et communautaire.

Si nous le désirons, nous pourrons faire l'expérience de ce pardon dans la réception du sacrement de la réconciliation cet avant midi.

Pour la prière de cet après-midi, je vous suggère un très beau texte tiré de l’évangile de Marc au chapitre 10, 46-52. Accueillons cet épisode de la vie de Jésus  comme une bonne nouvelle pour nous.

Jésus est là sur la route…

Il est Dieu parmi nous….Il vient libérer ses frères de leurs esclavages, de tous leurs esclavages…

Il y a la foule qui le suit...Marc parle d'une grande foule.

Il y a  aussi Bartimée, aveugle, mendiant, dépendant, exclu…

Apprenant que c'est Jésus de Nazareth qui vient, il se mit à crier :

 « Jésus, Fils de David, aie pitié de moi ! »

Jésus s’immobilise, il rejoint l’homme dans son immobilité et dans son cri…

« Appelez-le !  »  « Aie confiance, lève-toi, il t’appelle ! » reprend la foule.

Il se dépouille du manteau de mendiant, bondit, court…des gestes qui traduisent déjà sa résurrection…

« Que veux-tu que je fasse pour toi ? » Il fait surgir sa demande, son désir profond.

« Rabbouni, que je retrouve la vue !  »

« Va ta foi t’a sauvé. Et aussitôt, il retrouva la vue et il suivait Jésus sur le chemin.  »

Recevons cette parole de Jésus pour nous-mêmes.

Cette scène,  elle s’est passé il y a bien longtemps…

Mais ce qui est bouleversant, c’est que Jésus est au milieu de nous aujourd'hui pour nous offrir la même libération, la même résurrection, la même guérison.

Nous avons vu l'immense confiance que Bartimée nourrissait envers Jésus. Malgré la foule qui le rabrouait, il criait de plus belle....« Jésus, aie pitié de moi ! »

« Ta foi t'a sauvé! » lui dit Jésus.

Quelle est ma foi, ma confiance en Jésus ?  Est-ce que je crois vraiment qu'il peut me libérer? Si oui, alors n'hésitons pas à nous adresser à lui.

 Suite à Bartimée, qu'est-ce que je peux lui exprimer comme cri, comme désir d'être libéré, comme espérance aussi ?

Quelque part, ne suis-je pas moi aussi aveugle ?

Est-ce que je vois bien tout l'amour dont je suis comblé ?

Est-ce que je vois bien tous ces  frères et sœurs qui comptent sur moi pour que je puisse leur apporter un peu d'eau vive?

Est-ce que je vois bien la profondeur du mal du péché du monde, est-ce que je vois le mal j'ai commis et ses conséquences pour ma communauté, pour le monde ?

Comme Bartimée, ai-je vraiment envie d'être guéri ? De quoi ? Le lui exprimer avec toute la sincérité dont je suis capable.

Répondons au Seigneur qui me demande « Que veux-tu que je fasse  pour toi ? » avec toute la sincérité de mon cœur.

Seigneur Jésus, illumine mes ténèbres. Fais-moi connaître les lieux de mon aveuglement.

Que j'entende ton appel! « Que veux-tu que je fasse pour toi ? »

Seigneur Jésus, fais-moi voir la puissance de ta miséricorde !

Un sacrement, c’est la présence de Jésus Ressuscité aujourd’hui  au milieu de nous dans un signe et une parole qu’Il a choisis et qui rendent présent sa personne  et son action au milieu de nous…

Jésus vient apporter le Pardon de son Père à travers son humanité, ses gestes, ses paroles, ses démarches…Il est là présent et agissant dans le signe du sacrement de la réconciliation…

Le sacrement de la réconciliation, c’est la rencontre  de Jésus qui vient vers nous pour nous libérer…mais aussi de nous qui désirons rejeter telle parole, telle attitude, telle conduite, telle situation, qui désirons changer de vie…qui désirons tant retrouver la vie, la vue, la joie, la paix...et cette grande liberté intérieure d'aimer à sa manière.

Je m’approche de Lui avec toute la foi dont je suis capable…

C’est à Lui que je dis mes fautes, toutes mes fautes graves…et cet aveu est l’expression que je veux m’en désolidariser, m'en libérer…que je regrette tel ou tel comportement…

Je m’approche de lui en toute humilité et vérité…assuré qu’il m’attend et qu’il m’accueille avec un cœur plein d’amour…

Pour éviter que mon esprit soit préoccupé par ce je vais dire et par la façon dont je vais le dire, n'hésitons pas à écrire notre confession. Ainsi nous ne perdrons pas de vue que c’est Lui que nous venons rencontrer et aussi, dans le prêtre, c’est la communauté que j’ai pu blesser et à qui je demande pardon.

Prenons le temps de prier cette Parole de Dieu et à partir de 10h15,  nous nous mettrons à la  disposition des uns et des autres pour entendre les  confessions de ceux qui le désirent.

En terminant, j’aimerais ajouter deux petits mots qui peuvent nous permettre de vivre encore mieux ce sacrement si riche. D’abord une réflexion du Cardinal Martini dans son livre « l'Évangélisateur ».

Il nous indique comment vivre ce « colloque pénitentiel » il dit. Il y voit trois étapes. Comme :

Confessio laudis :

Quelles sont les raisons pour lesquelles je veux particulièrement rendre grâce à Dieu ? Dans un premier temps, j’exprime au Seigneur les dons reçus ces dernières semaines.

Confessio vitae :

Quelle attitude vis-à-vis de Dieu je voudrais rayer de ma vie ?

Ce sont des actes, des attitudes.  Ce peut-être aussi des sentiments, des omissions.

Qu’est-ce que je voudrais ne pas avoir fait ? Qu’est-ce qui me pèse le plus devant Dieu ?

Confessio fidei :

Seigneur, je connais ma faiblesse…mais je sais que tu es plus fort qu’elle.

Je te confie ma misère en risquant tout sur ma confiance en toi.

Je te remets cette misère et je n’ai plus peur.

 

Et puis une réflexion du P. Pierre Van Breemen dans son livre : « Trouver Dieu en toutes choses. » Voilà ce qu'il dit : « Le pardon de Dieu est un processus qui trouve sa plus complète expression dans le sacrement de réconciliation. Dans ce sacrement, nous distinguons tout naturellement trois phases :

        Il y a d’abord la préparation.

        Puis il y a la confession proprement dite.

        Et la dernière, très importante, est le temps que nous nous donnons pour recevoir et goûter le pardon de Dieu.

        Lui pardonne infiniment vite. Mais nous, nous avons besoin de beaucoup de temps pour assimiler complètement cette grâce et lui permettre de déployer tous ses effets salutaires.

        Si nous pensons vraiment que le pardon est la forme suprême de l’amour, nous ne serons pas surpris que cette phase du sacrement demande vraiment du temps.

        Nous devons le laisser imprégner tout notre être jusqu’aux recoins les plus sombres de nos angoisses et de nos refoulements.

        Le processus de la réconciliation n’est pas achevé que lorsque nous sommes réconciliés avec nous-mêmes et sommes devenus capables de nous pardonner à nous aussi. »

 

Retour à l'accueil